Je suis à Montréal depuis maintenant quatre semaines. Le temps paraît court et long en même temps, du coup je ne sais pas trop par quoi commencer car beaucoup de choses se sont passées depuis que l’avion d’Air Transat a atterri.
Je pense que je vais commencer mon récit par ce qui intéresse réellement la famille et les amis, ensuite, je parlerai des misères administratives Québécoises et Françaises.
Le départ semble se dérouler comme sur des roulettes même si je suis parti le jour de la première grève anti-réforme de la retraite en France. Mon avion est prévu à l’heure. Bien que j’aie pris un aller simple en classe Club, le sur-poids est facturé 12€ le Kilogramme. En plus de mes 40Kg autorisés, j’ai dû payer 72€ de plus pour 6 malheureux Kilogrammes en trop. Tant pis, je ne vais pas laisser les choses en France, surtout que si ce n’était pas moi, ce serait Alain qui paierait les surplus de poids plus tard.
Il est temps alors de passer la douane française. Arrivé devant les détecteurs de métaux, je dois défaire ma valise de cabine et mon sac à dos, car ils contiennent des appareils photos, objectifs, scanner et ordinateur portable ; je dois aussi me déchausser ... Pour remettre tout ça en place, y compris les chaussures, il a fallu un bon moment, mais bon, je suis présentement en zone internationale et j’attends qu’on m’appelle pour embarquer.
Sur Air Transat, il y a trois classes : Économique, Option Plus et Club. Beaucoup de retraités (pour ne pas dire vieux) sont surpris de me voir faire la queue dans la file Club et Option Plus, et essaient de me passer devant en proclamant « Ici Option Plus ! », et là avec un grand sourir je leur réponds « Je suis en classe Club » et ils me laissent passer devant un peu piteux. Ah ces « Maudits Français ! », surtout retraités en bande !
Rien à dire sur le voyage, bon service et les sièges en cuir sont presque trop grands, je ne suis pas habitué ...
Arrivé à l’aéroport de Montréal, je montre mon visa de Retour de Résident Permanent, et le douanier a simplement tamponné mon passeport. Je crois que ce n’est pas nécessaire d’avoir un visa de retour mais bon ...
Lorsqu’il faut donner la liste des choses importées, je veux donner ma nouvelle liste des affaires qui vont arriver par bateau et la douanière est surprise et me dit que c’est la première liste qui compte mais en général, les douaniers ne regardent jamais, ils ne vérifient que les choses de valeur et c’est tout. Elle tamponne quand même ma nouvelle liste.
Étant en classe Club, les bagages sont aussi prioritaires, du coup, je récupère mes valises (deux grosses de 23Kg chacune, une petite de 12Kg et un sac à dos) et me voilà à chercher un taxi pour le centre ville.
C’est à partir de là que les choses se gâtent ...
Quand je donne l’adresse de mon hôtel « L’abri du voyageur » ou appelé aussi « Hôtel Quartier des Spectacles », le chauffeur me dit qu’il ne peut pas me déposer devant car tout ce quartier est en travaux et que la rue Sainte Catherine est complètement bloquée. Il me dépose donc à quelques centaines de mètres de l’hôtel et je dois pousser mes valises mètre par mètre pour arriver à l’hôtel. En ouvrant la porte je découvre un grand escalier qui mène à la réception. Donc, rebelote, je peine pour monter mes valises. Une fois enregistré, je rejoins enfin ma petite chambre au fond d’un couloir avec la fenêtre donnant sur le chantier, donc avec le bruit des marteaux piqueurs et pelleteuses. Lors de la réservation sur Internet, la chambre était sensé faire 20m2, mais bon, je suis arrivé, je n’ai pas la force de râler et puis, présentement, il faut que j’apprenne à devenir un bon Québécois. Sauf que les Québécois commencent à travailler à 6h30 du matin et se faire réveiller par des marteaux piqueurs, ce n’est pas super agréable, même pour un Québécois.
Au bout de deux jours, plus de Wi-Fi dans la chambre, là je commence à réagir mais manque de bol, c’est le weekend et les patrons ne sont pas là, du coup, il faut attendre lundi ou alors se coller à la porte avec l’iPhone pour communiquer ou aller dans un Starbucks pour utiliser leur Wi-Fi gratuit. Heureusement qu’il y a l’iPhone !
Quatre mauvais points pour l’hôtel : L’emplacement + L’escalier + Le bruit + Le Wi-Fi en panne.
Et puis un soir, je rentre et j’aperçois une fille qui fume du crack dans l’entrée, je lui dis bonsoir et elle me demande si je veux du sexe. Bienvenue dans le quartier des drogués et des prostitués !
Lundi arrive et je commence à m’impatienter car pendant le temps où je n’ai pas accès à Internet, je ne peux pas consulter les petites annonces pour trouver un appartement et chaque jour passé à l’hôtel me coûte 95$ sans les taxes. Petite remarque à la patronne et du coup on me transfère de chambre sauf qu’il faut redescendre les escaliers, faire le tour du pâté de maison et remonter les mêmes escaliers derrière. Là, je lui dis que ce n’est pas possible même avec toutes les bonnes volontés que je n’ai plus. Heureusement, les deux immeubles communiquent avec une terrasse commune, du coup le patron passe mes valises par la terrasse.
Là, normalement, j’ai tout ce qu’il faut pour trouver un appartement. Je commence donc à parcourir les petites annonces sur Kijiji de Montréal, j’appelle à partir du téléphone de l’hôtel à 1$ l’appel, ça, c’est du vol, car les appels sur l’île de Montréal sont gratuits. Même mon coup de fil à ma banquière en France depuis le même hôtel ne me coûte que 86 sous.
Je commence à prendre des rendez-vous pour visiter les appartements mais quand je laisse le numéro de téléphone de l’hôtel, c’est comme si les gens appelaient dans le vide, car la réception transfère l’appel dans ma chambre et si je ne suis pas là, ils ne peuvent pas laisser de message. Il me faut donc un moyen d’acheter une carte SIM pré-payée pour pouvoir appeler et être appelé. Je me suis donc rendu à un kiosque Fido, un des seuls opérateurs québécois à proposer des cartes SIM pré-payées. 10$ et 20$ de recharge à 20 sous la minute, j’ai donc 100 minutes d’avance pour appeler et être appelé. Sauf qu’ici, on paie le temps d’antenne, c’est-à-dire quand on appelle ou quand on est appelé.
Après quelques visites d’appartements pas vraiment dans nos goûts, je commence à m’angoisser. Alain vient donc à mon secours et m’envoie par dizaine des annonces. Mais ce qui est pénible ici, c’est certains propriétaires n’acceptent pas les animaux de compagnie et d’autres demandent des justificatifs d’anciens bailleurs ou des historiques de crédit, mais quand on vient d’arriver, on n’a pas d’ancien bailleur ni de carte de crédit et par conséquent un historique de zéro.
C’est alors qu’il y a des propriétaires, connaissant cette difficulté des nouveaux arrivants, qui proposent des appartements pas terribles, mais bien plus chers et demandent un mois de caution en plus sachant qu’ils sont complètement dans l’illégalité ... Mais bon, le but c’est quand même de trouver un appartement pour le 1er octobre car l’hôtel coûte cher.
Je trouve donc un appartement de 920pc soit environ 85m2 sur le Plateau Mont-Royal, là où sont tous les Français (ce que je ne savais pas), mais bon, maintenant je peux passer à autre chose. J’emménage donc en métro, valise par valise, entre deux averses.
Première nuit dans l’appartement vide à dormir sur une couette que je viens d’acheter avec la couverture d’Air Transat et la couverture de ma grand mère du Vietnam que les chats aiment bien. Je crois que c’est la pire nuit que j’ai passée. J’ai fait des cauchemars toute la nuit comme si quelqu’un s’amusait à me sauter sur la poitrine m’empêchant de respirer. J’ai dû me réveiller en sursaut en hurlant plusieurs fois ... Le matelas que j’ai commandé est arrivé quelques jours après.
C’est quand même une impression étrange de se retrouver dans un appartement vide où chaque chose qu’on utilise tous les jours sans s’en rendre compte, devient primordial. J’achète donc les choses au fur et à mesure mais, il y a toujours un oubli. Au bout de quelques jours, j’ai tout ce qu’il faut pour les chats et une cafetière pour moi mais sans bol ni mug ...
Après une semaine difficile à passer la journée à faire des démarches administratives, ouvrir des comptes bancaires et à faire des achats (je n’aurais jamais pensé que je me lasserais aussi rapidement de magasiner), Alain décide donc de m’envoyer les chats par avion Cargo via Bagages du Monde. Poonaï a droit à une cage pour chien avec ses 10Kg.
La société de transport donne donc une adresse avec un numéro de réservation et le nom de la compagnie afin d’aller récupérer les chats. Manque de bol, quand j’appelle la zone cargo que Bagages du Monde a donné, on me dit que ce n’est pas ici mais à une autre adresse. J’appelle donc directement Air Transat Cargo et on me confirme qu’effectivement, l’adresse a changé. J’appelle Alain en lui demandant de vérifier auprès de Bagages du Monde et ils disent que non, c’est l’adresse qu’ils ont donnée qui est la bonne. Passons, je leur fais donc confiance. Le lendemain, lorsqu’il faut aller chercher les chats, j’ai eu un petit doute et je rappelle la zone cargo de Bagages du Monde, qui me confirme qu’effectivement, ils ne travaillent plus avec Air Transat, il faut donc aller au Mercury, 220 avenue Reverchon, Montréal - QC H9P 2S7 (+1 (514) 631-1240). Je regarde sur le site d’Air Transat et l’avion est arrivé une heure en avance par rapport à l’heure que Bagages du Monde a indiquée. Paniqué, j’appelle donc Nicolas, un ami qui doit venir m’aider à ramener les chats, pour lui dire de partir de suite. On prend donc le bus pour l’aéroport et avec les travaux, il a dû faire un grand détour ...
Arrivé à l’aéroport, pas de transport pour aller en zone cargo. On décide donc de prendre un taxi mais celui-ci préfère aller dans le centre ville et refuse de nous conduire au Mercury. On retourne au kiosque d’information en expliquant la situation et le vigile nous dit que ce ne sont pas aux taxis de décider, il appelle donc un autre vigile à l’arrêt des taxis pour les obliger de nous conduire si jamais il y en a un qui refuse. Et pendant ce temps là, les chats sont dans le hangar réfrigéré de la zone cargo à attendre dans leur pipi et caca.
Arrivé à l’adresse indiquée, on demande au taxi de nous attendre car en pleine zone industrielle, pas l’ombre d’un taxi en vue ... On grimpe donc au bureau des douanes et je dis à la douanière que je viens pour chercher mes chats. Elle me dit que ce n’est pas ici, il faut ressortir et faire le tour du bâtiment pour aller du côté du hangar. On exécute donc, le taxi nous suit par la route. Arrivé au hangar, le commis nous a donné un dossier avec les photocopies des carnets de santé des chats et nous demande de retourner au bureau de douanes pour payer les taxes. On monte l’escalier et on s’est retrouvés au milieu d’un immense couloir à moquette marron et à motifs affreux. On se serait crus dans une scène du film Brazil de Terry Gilliam ! On décide de prendre à gauche mais pas la moindre porte où il y a « Douanes » d’écrit dessus. On croise un coursier et il nous dit qu’en fait c’est dans l’autre sens et d’ailleurs, il y va donc on n’a qu’à le suivre.
Le temps paraît de plus en plus long et on se retrouve devant le bureau des douanes qu’on a quitté tantôt. Je retourne donc voir la douanière et elle m’indique qu’il faut m’adresser à son collègue à côté. Quand il a vu le dossier, la première chose qu’il a dite c’est : « Oh non, pas de chat ! » et sa collègue est morte de rire. En ce qui me concerne, je commence à bouillir et heureusement que Nicolas est là pour me rassurer.
Le douanier défait donc l’enveloppe et me demande tous les papiers y compris le papier comme quoi j’ai déclaré que je viendrais avec mes chats lors de ma première entrée sur le sol canadien il y a un an. Sans ces papiers, il ne peut pas tamponner le formulaire. Je lui dis qu’il y a un an, je ne savais pas si les chats venaient avec moi ou pas, mais il fait semblant de ne rien savoir. Là, je commence à paniquer, et je lui dis que je n’ai pas le papier qu’il demande. Ensuite, il me dit qu’il veut voir les carnets de santé des chats et il faut que je retourne les chercher au hangar (alors qu’il a les photocopies dans le dossier que je lui ai remis). Je suis prêt à hurler ou pleurer, je ne sais plus et Nicolas me prend par les bras en disant qu’on va chercher les carnets de santé au hangar.
Rebelote, nous voilà de nouveau au hangar et il y a du monde qui attend. Je prends mon mal en patience et quand arrive mon tour, je demande au commis les carnets de santé des chats et il me les donne assez rapidement. Nous sommes de nouveau dans le grand couloir et arrivés aux douanes, l’agent qui faisait du zèle tantôt se lève et s’en va prendre son café. Ouf, je me retrouve avec un autre douanier. Il regarde simplement les carnets de santé et tamponne le formulaire en me disant d’aller attendre qu’on m’appelle pour aller payer les taxes. Je ne vois pas encore le bout mais ça avance. Quelques instants plus tard, une dame m’appelle et me dit que ça fait zéro dollar. Je sors inconsciemment ma carte bleue et lui demande si je peux régler par carte. Nicolas et elle-même me regardent avec de grands yeux et me disent que c’est zéro dollar donc, rien à payer ! Nicolas me dit qu’en revanche si je veux payer un restaurant à la dame je peux, et sur ce elle me dit qu’elle quitte son bureau à 17 heures. Bon on plaisante, je me calme et je prends le formulaire et nous retournons au hangar.
Il s’est quand même passé trois quarts d’heure. Je donne le formulaire au commis et il me dit d’attendre dix minutes, un quart d’heure qu’il finisse ce qu’il est en train de faire. Ça fait déjà plus de trois heures que les chats sont dans le hangar à attendre, et là je lui dis que mon taxi est en train d’attendre dehors. Il finit quand même ce qu’il est en train de faire mais rapidement puis me demande de payer les taxes de cargo (56$). Il va donc chercher les chats et je vois les trois cages sur un chariot derrière la porte vitrée. Enfin, on récupère les chats, entassés dans le taxi avec les odeurs de pipi et de caca, on rentre enfin à la maison. Poonaï a fait « miaou » pour dire qu’il est là, Néko n’a pas bougé d’un poil alors que j’essaie de le caresser à travers la cage et vois les yeux jaunes de Yuki à travers un trou de sa cage m’observer pendant tout le trajet. Le taxi nous dépose devant la maison et ça me coûte 80$ pour la course de plus d’une heure.
Enfin à la maison, mais ils refusent de sortir de leur cage, il faut un certain temps pour qu’ils commencent à examiner les lieux. Une fois les lieux vus, Yuki retourne dans sa cage et les autres essaient de trouver des endroits pour se planquer. Pendant deux jours, c’est cache-cache derrière la baignoire ou sous la couette.
Aujourd’hui, ça va mieux, ils ont leur repère et commence à jouer dans l’appartement qui est bien trop grand et trop vide. La semaine prochaine, les affaires qu’on a envoyées par bateau il y a deux mois vont arriver, ça va meubler un peu et ils vont enfin retrouver les odeurs familières.
... dans un prochain article, encore quelques aventures où il faut avoir les nerfs solides !
C’est passionnant et prenant !
T’es un écrivain qui s’ignore et j’attends la suite avec impatience....
Dépêches toi viiiiiiiiite : la suiiiiiiiiite
Calypso a ses rafffougnettes depuis 3 jours mais le papa d’EARL DEX ne veut plus mettre à disposition le service 3 pièce de son fiston grrrrrrrr
Je me suis précipité chez la véto qui m’a dit qu’elle allait appeler toute la gent bouledodesque de sont carnet d’adresse pour trouver un beau couillu à notre toutoune !
RDV vendredi pour le casting....
Vas bruler un cierge pour que ça marche et que nous soyons de très jeunes papys !
Bon voilà c’est tout je te bises @ +
(21 octobre 2010, 16h33)
Merci Philippe ! C’est vraient gentil !!!
Ça y c’est une femme maintenant !
Bises.
(21 octobre 2010, 16h50)
Crocus, si tu veux revenir la porte est ouverte ... ou rouge.
Bon courage
(24 octobre 2010, 17h09)
Merci Jam... :) Maintenant que je suis installé, je crois que je vais finalement y rester quelques temps.
Vous êtes dans le rouge ?
(24 octobre 2010, 18h21)
Tout est vrai...
Maintenant il va falloir parler des bars... !
(25 octobre 2010, 14h30)
Pour les bars c’est encore plus long à raconter !!!
(25 octobre 2010, 15h41)
Que d’aventures et d’émotion ! Tiens bon !
Nous t’embrassons.
(19 novembre 2010, 16h49)
Merci !
Maintenant les choses commencent à prendre forme. Je travaille depuis deux semaines, à 20 minutes de porte à porte en métro. Je suis au 35 heures, du coup je commence à 8h30 pour finir à 16h30. Ça change des deux heures de transport quotidien à Paris !
Il fait un temps magnifique mais avec un vent du nord glacial. On se prépare à entrer dans l’hiver ; on est bien équpiés maintenant avec nos grosses doudounes et bottes qui résistent jusque -40°C.
On vous embrasse fort aussi !!!
(20 novembre 2010, 10h37)
Montréal, Québec - Canada - 21 octobre 2010
Mon premier livre de photographies en co-signature avec Alain Gravelet, paru aux Editions Poonaï en novembre 2008.
Site de vente en ligne Chats et chatons en ville
Roman d’Alain Gravelet, paru aux Editions Poonaï en novembre 2008.
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Mon site de photographies « Crocus Photographe »
Le site de photographies de voyage d’Alain Gravelet « Entre mots et photos »
Le site des « Éditions Poonaï »
Le site des chats des villes « Chat-Cat »
Le forum d’aide à l’installation des immigrants au Québec « Cymico Immigration »
Tout savoir pour vivre au Québec et au Canada « Immigrer.Com »